Gundam 002

Pour fêter à ma façon les 30 ans de Gundam, j’ai décidé de regarder la seconde partie de Gundam 00. Bon, il y a peut-être de meilleurs représentants de la franchise que j’aurais pu découvrir (*regarde le DVD sous blister de Char’s Couterattack sur son étagère*), mais c’était sympa quand même.

J’avoue, au début, j’ai regretté de ne pas avoir revu au préalable la première partie, car certains détails m’échappaient. En effet, Gundam 00 possède cette particularité d’avoir été divisé en deux animes de 25 épisodes chacun, diffusés à un an d’intervalle.

La première série débute en l’an 2307 de notre calendrier ; un détail important, puisque tous les autres animes de la franchise Gundam se déroulent dans des chronologies spécifiques telles que l’UC (Universal Century) ou l’AC (After Colonisation).
A cette époque, la Terre est divisée en 3 blocs d’égale importance : l’AEU (les Européens), l’Union (les Américains), et l’HLR (une Union Soviétique élargie). Une véritable guerre froide s’est engagée entre eux, et avec elle une course à l’armement ; de nombreux observateurs craignent que cet équilibre fragile ne se brise, et plonge l’humanité dans la guerre.
Parallèlement, les hommes peuvent compter sur une nouvelle source d’énergie inépuisable, obtenue grâce un système d’ascenseurs orbitaux et un large réseau de panneaux solaires faisant le tour du globe. Malheureusement, les 3 blocs jouissent entièrement de cette ressource, et ne la dispense qu’aux pays qui leur sont inféodés. De nombreux états – en particulier ceux du Moyen-Orient, jadis prospères grâce à la manne pétrolière – ne peuvent y accéder, provoquant nombre de tensions et de conflits locaux.
Dans ce contexte délicat, un nouvel acteur entre en jeu : Celestial Being. S’appuyant sur une technologie dépassant de loin les connaissances actuelles des scientifiques des 3 grands blocs, ses membres déclarent vouloir combattre la guerre par la guerre. Ils ordonnent à toutes les forces armées sur Terre de déposer les armes, s’ils ne veulent pas subir l’attaque de leur plus puissant outil de persuasion : les Gundam.

Gundam 00 part sur des bases inédites, et de fait originales : pas de Fédération Terrestre, pas de Colonies, pas de Newtypes – ces êtres humains d’un genre nouveau -, et pas de calendrier particulier ; à la place, nous trouvons une Terre morcelée, fort semblable à la notre, des conflits locaux sur fond de crise énergétique. Et dans ce monde relativement réaliste, nous suivons les actions de Celestial Being – en particulier celles des pilotes de Gundam, les Meister -, et des personnes qui s’y opposent.
Enfin ça, c’était pour la première partie. Pour la seconde, l’originalité du background passe en grande partie à la trappe. Cette fois, nous avons bien une Fédération, et même une armée autonome : les Titans A-Laws. Nous découvrons l’existence de quelques colonies (même si elles n’ont ici aucune importance), et le scénario tourne énormément autour d’une nouvelle race d’êtres humains : les Cyber Newtypes Innovators.
En y réfléchissant un peu, Gundam 00 pourrait bien signifier le début de toutes les sagas Gundam, tout comme A-Turn Gundam en symbolise la fin : nous découvrons comment l’humanité a pu s’unifier – parce que vu la situation actuelle, ce n’est pas gagné -, et en quoi cela a pu l’aider à conquérir l’espace. Evidemment, il reste des éléments incohérents – la disparition du système énergétique orbitale – mais cela pose les bases de ce qui aurait pu marquer le commencement des autres calendriers Gundam, à partir du notre.

Malgré ses bonnes idées de départ, le scénario de cette seconde partie – puisque c’est avant tout sur elle que se focalise cet article – est assez faible, voire même part sur une incohérence.
Dans la première série, Celestial Being lutte pour créer la paix. Tandis que dans la seconde, c’est tout de suite beaucoup moins clair ; ses membres luttent contre la Fédération, mais ils semblent avoir oublier leurs objectifs, et ne combattre que pour assurer leur propre sauvegarde ; ils trouvent deux ennemis – les A-Laws et les Innovators -, ils sont contents, mais leurs beaux idéaux du début n’ont apparemment plus vraiment d’importance.
En lui-même, le scénario est très linéaire, la plupart des épisodes se résumant à l’attaque du vaisseau des héros par les A-Laws ou l’armée régulière (ou les deux) ; parfois un Meister s’éloigne du groupe le temps d’un épisode, parfois nous suivons un autre groupe anti-Fédération, mais les déviances s’arrêtent là. Au bout d’un moment, outre la lutte contre les Innovators, Gundam 00 se résume plus aux combats entre les individualités qu’aux combats entre les convictions ; du genre : « tu as tué mon cousin/ami/chien, donc je te tue ». Et de la même façon, le passé des personnages semblent parfois prendre plus d’importance dans le récit que leurs actions présentes, ce qui est dommage.

Ah ! Les personnages, parlons-en (j’en salive d’avance).
Déjà, les gens de la Sunrise ont bien compris la leçon que fût Gundam Wing : pour toucher un public féminin, il suffit de mettre en scène un boys band en guise de personnages principaux ; plein de bishonen pour que les téléspectatrices puissent imaginer toutes les situations tendancieuses qu’elles désirent. Par conséquent, l’essentiel du chara design fût confié à Yun Kouga, une mangaka spécialisée dans le Boy’s Love, qui commença justement sa carrière par des doujinshis de Gundam Wing. Le résultat est là : la plupart des protagonistes masculins possèdent un visage plus féminin que les filles elles-mêmes ; comme dirait Son Goku au début de Dragon Ball, le seul moyen pour déterminer le sexe de certains personnages de Gundam 00 serait de faire « tape – tape ».
Sauf que si le problème se limitait à leur tête, ça irait. Mais non : ce sont presque tous des fuc**** emos ! Ils n’arrêtent pas de parler de leur passé larmoyant : j’ai tué mes parents, ma famille a été assassinée, j’ai été élevé dans un centre de recherche, j’ai provoqué la mort de la moitié de mes subordonnées à cause d’une petite erreur de calcul, etc… A la rigueur, qu’ils nous exposent brièvement les raisons de leur combat, cela passerait ; mais non : ils sont systématiquement poursuivis par leur passé, cela les obsède, ils en deviennent dépressifs et parfois même soulants.
Et chez les civils, ce n’est guère mieux.
Déjà, il y a Louise et Saji, deux petits imbéciles pourris gâtés, qui vivaient dans un pays industrialisé et donc ne souffraient d’aucun problème, mais qui se prennent les réalités du monde en pleine face puis se mettent à râler, car ils auraient préféré ne rien savoir (ce qui au passage les rend crédibles). Dans la première partie, ils sont juste encombrants, mais dans la seconde, nous les retrouvons omniprésents, énervants, et méritants des baffes ; l’un d’eux devient même le « fanatique anti-Gundam » de service.
En parlant de baffe, il nous faut aussi supporter Wang Lui Mei (dont les motivations resteront hermétiques jusqu’à la fin), et surtout une Réléna Peacecraft (= princesse pacifiste et idiote) en puissance : Marina Ismaïl. Celle-là, dans le genre pacifiste cruche, elle se pose là. A un moment, elle nous pond une « chanson pour la paix », et jusqu’à la fin, j’ai cru qu’elle allait nous faire un remake de Macross Super Dimension Fortress, où les gens arrêteraient de se battre juste en l’écoutant ; sauf que dans la série susnommée, c’était crédible, alors que là, cela aurait été juste débile. Heureusement que, finalement, nous échappons à ce massacre.
Pour finir sur les personnages, je mentionnerai la présence dans cette seconde partie du grand absent de la première : le Char-like. Sauf que celui-là, Mister Bushido (lol), n’a certainement pas le charisme d’un Schwarz Bruder ou d’un Zeck Merquise ; et encore moins d’un Char Aznable.

Parler d’un anime de Gundam oblige de mentionner les méchas.
Le mecha design change de ce que j’avais l’habitude de voir sur la franchise, donc d’une part je salue l’initiative, et d’autre part, je dois bien admettre que j’apprécie ce nouveau style. Bon, je n’en mangerai pas à chaque série Gundam, mais je trouve que cela passe très bien.
Par contre, je rappelle que le principe même de Gundam – l’avatar Mobile Fighter G Gundam mis à part – c’est le real robot. Pour le background, cela reste en effet crédible, mais alors pour les méchas, ce l’est encore moins que d’habitude. La particularité réside ici dans l’utilisation d’une technologie basée sur un élément presque magique : la particule GN. Avec ça, vous pouvez voler, générer des champs de force, et tant que vous en avez en stock – je les ai rarement vu tomber en rade dans cet anime – vous pouvez tirer des rafales de la mort qui tue. Et dans la seconde partie, le Gundam principal possède aussi les options suivantes : télépathie généralisée, téléportation quantique, beam saber de plusieurs kilomètres de long, super vitesse, et même guérison ; toujours grâce aux particules GN.
Ouais, c’est un peu n’importe quoi. Mais en contrepartie, c’est carrément trop beau ! A l’écran, ça poutre sa mère, les effets visuels créés par les particules sont absolument magnifiques, c’est de la bombe et les combats en deviennent terriblement jouissifs visuellement.

J’ai fait, jusqu’à présent, bon nombre de remarques négatives sur la série – sur le scénario, ou encore les personnages -, et pourtant, j’ai aussi dit avoir bien aimé. Il me faut donc expliquer pourquoi.
Le scénario est linéaire, mais ne possède pas pour autant de défauts absolument rédhibitoires. Quoi qu’il en soit, il n’a rien d’extraordinaire. Ce qui le remonte, c’est la réalisation. Car Seiji Mizushima fait parti des réalisateurs que je trouve particulièrement doués ; son travail sur Oh! Edo Rocket, par exemple, le montre très bien. Il y a beaucoup de combats spatiaux – ou des combats de méchas, du moins, puisque toute l’action ne se limite pas à l’espace – et à mon sens, l’intérêt de Gundam 00 se situe là, car la majorité de ces affrontements sont superbement chorégraphiés ; et la surabondance de particules GN à l’écran apporte un attrait visuel non négligeable. Après, il faut tout de même un minimum de scénario pour lier le tout – surtout que sinon, cela deviendrait lassant – mais le service minimum qu’il propose suffit à mon bonheur.
Restent les personnages, un peu chiants pour la plupart, mais malgré tout, j’ai pris plaisir à voir cet anime souvent passionnant et prenant.

Pour faire écho au podcast Skouetch sur les 30 ans de Gundam, je vais à mon tour me livrer à un petit tour d’horizon personnel.
Série de Gundam préférée : Mobile Suit Gundam (les films). C’est la base, le début de la légende, une œuvre qui a su conserver, malgré le poids des années, une puissance scénaristique et visuelle rare. L’anime Gundam qui, plus qu’aucun autre, m’aura fait aimer Gundam.
Personnage préféré : Schwarz Bruder de Mobile Fighter G Gundam. Entre lui et Master Asia, mon cœur balançait – j’aime les personnages GAR -, mais je trouve le principe du « ninjutsu allemand » absolument énorme, donc je garde une préférence pour son représentant.
Mobile Suit préféré : le Wing Zero de Gundam Wing Endless Waltz. Quand il étend ses ailes, c’est juste somptueux. Et pour l’avoir vu monté en maquette, je lui trouve une classe incroyable.
Réplique préféré : Franchement, je ne vois pas trop. Mais si je devais choisir, ce serait sans doute une des phrases viriles de Mobile Fighter G Gundam.

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8 réponses à Gundam 002

  1. Amrith Zêta dit :

    Le texte se défend.
    Je suis d’accord avec plusieurs points.

    Mais en dehors du premier épisode, et à la rigueur du court duel ‘low-tech’ contre Ribbon, je n’ai pas particulièrement vu de combat superbement chorégraphié dans 00 S2… au contraire, j’ai plutôt l’impression d’avoir vu vingt fois le même – soixante-dix fois en comptant Destiny. Et comme accessoirement cette partie n’apporte rien de plus – et tout de moins – scénaristiquement qu’un vieux Zeta Gundam dont elle reprend le contexte… bref. Des combats superbement chorégraphiés j’en ai trouvés par exemple dans le premier MSG, dans 0080, 0083 et G Gundam. Là ouais ça fight.

    Sinon, Schwarz, tu le présentes en « ninjutsu allemand » pour ne pas spoiler ou parce que t’es pas allé jusqu’à la fin ? :P

  2. gemini dit :

    Je parle suffisamment allemand pour tout savoir sur Schwarz Bruder rien que par son nom. Je suis évidemment allé jusqu’à la fin, et ses techniques présentées comme celles du ninjutsu allemand sont juste énormes ^^

  3. Windspirit dit :

    Même impression : ça bouge bien (en même temps, en tant que nouveau méchaphile (ouaip !), je suis pas très exigeant, j’imagine), la direction est bonne, bref, ça se laisse regarder, mais le scénario est à chier, c’est pas croyable…

  4. Kameyoko dit :

    Je n’ai pas encore fini la saison 2 j’ai beaucoup de retard. Mais là où je trouvais que la saison 1 abordait un peu (faut pas déconner non plus) différemment la franchise Gundam en proposant une géopolitique assez poussée, et un scénario assez original,; la saison 2 semble un peu virer dans le Seed ou même le Seed destiny. C’est un peu dommage.

    Les personnages principaux sont têtes à claques (un peu comme tous les héros Gundam d’ailleurs) et ont un charisme d’huitre.

    Concernant les méchas, je trouvais ceux de la saison 1 assez bien notamment le Tieren que je trouvais particulièrement bien et crédible. Là on tombe un peu dans la surenchère avec des particules GN partout (comme tu le disais).

    Néanmoins, je prend plaisir à suivre cette saga qui a pour moi l’immense mérite de faciliter « la prise en main » de l’univers Gundam pour les nouveaux.

    Pour ma part :

    Série Gundam préférée : Kido Senshi Gundam la référence et tout est bon. Mais j’ai un gros coup de coeur pour le coté sombre de Zeta Gundam. Quattro Vagina Powaaa.

    Personnage préféré : Char/ Quattro and co. J’aime aussi beaucoup Ramba Ral.

    Mecha préféré : J’en ai plein. J’adore de le Sazabi, le Kampfer, le Rick Dias…

    Replique culte : aucune spécialement

  5. Lu-sama dit :

    Marina Ismail c’était une grosse blague. Pendant 2 saisons on aura attendu un truc qui ne se sera finalement jamais produit, pauvres fangirls…

    Sinon j’ai trouvé cette deuxième saison un cran au dessus de la première. La première avait été plombé par l’arrivée des Trinity en plein milieu de l’histoire, heureusement que ça ne s’est pas réitéré par la suite.

    Bref c’était pas l’anime de l’année, mais ça reste de l’excellent Sunrise et un très bon divertissement.

  6. Villon dit :

    Juste 3 observations sur:
    _entre les 2 saisons l’objectif de Celestial Being est somme toute la même. Ou disons d’une autre façon que dans la saison 2 il corrige le résultat de la saison 1 (parce que « Stopper les guerres » peut s’obtenir de différentes façons. Tuer tout le monde par exemple mais on se doute que ce n’est pas dans les intentions de Celestial Being). Ou si on veut encore le dire autrement, il suffit de voir le but de Celestial Being comme étant ce que Setsuna a répété plusieurs fois, aussi bien dans la saison 1 que 2.
    _concernant Wang Liu Mei, on sait ce qu’elle veut, mais pas pourquoi. On s’en fout un peu à la limite, c’était juste le perso qui voulait que tout change :p Enfin peut-être une réponse dans le film qui sait. D’ailleurs c’est un point assez intéressant de Gundam 00; à la fois y’a trop de personnages et de développement, à la fois il y’a tellement de perso qu’il y’en a sans background :p (les Trinity par exemple, on comprend pas trop d’où ils sortent au final… et leurs motivations ont été très peu développés)
    _les Gundam ne se rechargent pas. Normal. C’est ce qui les différencie des autres GN Drive (c’est dit dans la saison 1)

    Pour conclure Gundam 00 avait un gros potentiel. Le scénario pourrait laisser augurer de très bonnes intrigue, mais finalement rien. La saison 1 mets du temps à démarrer, et la 2 démarre trop vite. Ce qui fait qu’au final on aurait pu avoir 1 saison sans trop de temps morts…

  7. NiKi dit :

    Ore no te ga makka ni moeru shouri no tsukameto todoroki sakebu > Ore wa gandamu.

    Sinon, je reviendrais en detail sur la deuxieme partie dans une review a venir, le principal etant que la premiere partie de saison est excellente ( Si on oublie la facon dont ils eclipsent le contexte politique de la serie ), un bon incipit posant de bonnes bases scenaristiques et qui developpe les persos mais apres…

    J’ai pas compris le delire, ils commencent a poser des questions, des developpememts imterresants entre les personnages mais au final rien est exploite, meme la relation Saji/Louise qui nous gonfle pendant la moitie de la serie est resolue en 2 putains de secondes.

    Un beau gachis au final ce Gundam.

  8. rockman dit :

    1 ère saison énorme mais dommage que la saison 2 ils ont mal exploiter la relation entre certains personnage et que les personnages important de la série sont passer au oubliette pour que tout soit concentrer uniquement sur setsuna et les innovateurs .

    (après avoir revu gundam wing en DVD spécial oui je peux le dire haut et fort Gundam 00 est une copie du gundam wing avec un nouveau scénario )

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